Exposition Hokusaï

Exposition Hokusaï

Le Grand Palais accueille la plus grande rétrospective consacrée à Hokusaï. Un bel hommage à cet artiste japonais dont l’oeuvre se compose d’estampes aussi célèbre que Dans le creux d’une vague et le Fugi rouge, mais qui comporte aussi de multiples dessins à l’encre de Chine, des livres illustrés et de sublimes peintures.

IMG_4375L’exposition s’ouvre sur les rapports étroits entre la France et le Japon et plus précisément la période posthume où l’oeuvre d’Hokusaï parvint jusqu’à nous. C’est le début du japonisme, une mode dans l’art et l’artisanat qui va s’étendre à toute l’Europe et qui marquera de nombreux artistes en France, notamment Emile Gallé et Félix Bracquemond.

S’en suit 7 parties correspondant aux 7 étapes de sa vie et aux différents noms qu’Hokusaï utilisa pour signer ses œuvres :

IMG_4383Shunro (1778-1794)
On apprend peu de choses sur la naissance ou les origines du grand maître japonais. On sait seulement qu’il débuta sa carrière jeune, à l’âge de 15 ans, en gravant des planches pour la fabrication d’estampes. C’est dans l’atelier de Katsukawa Shunsho et sous le nom de Kastukawa Shunro qu’il réalise ses premières illustrations des acteurs kabuki, portraits de femmes et de guerriers. Son style évolue et il se nourrit des différentes influences qui lui parviennent.

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Sori (1794-1805)
Hokusaï rejoint l’école de Rinpa où il excelle dans les egoyomi (calendriers illustrés) et surimono (gravures en une seule feuille). Son style s’affirme et on assiste à la première maturité de l’artiste. Son trait est raffiné, son exécution rapide et sa production intense. Il réalise moins d’estampe, mais commence à s’intéresser aux livres illustrés. Cette période très prolifique est pourtant courte.

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Katsushika Hokusaï (1805-1810)
C’est le début de sa carrière comme artiste indépendant. Hokusaï s’intéresse alors aux livres de lecture, très populaire et très à la mode dans l’ère Edo. Le dessinateur va alors se confronter aux récits épiques ou fantastiques, cherchant de nouvelles façons de renouveler le genre en rivalisant d’inventivité, influencé par la peinture chinoise. On découvre alors tout l’esprit et l’humour de l’artiste.

IMG_4425Hokusaï Manga (1814-1878)
Hokusaï commence dès 1814 l’édition de manuels de peinture et multiplie les carnets de dessins et de recherche. Son succès croissant en fait une référence au Japon et ses mangas restent aujourd’hui encore une documentation précieuse sur son époque.15 carnets nous sont parvenus contenant près de 3900 dessins de nature, animaux, hommes, visages, divinités, fantômes, postures, paysages, scène de vie quotidienne…

Une salle interactive permet de tourner virtuellement les pages des mangas d’Hokusaï et de découvrir la technique de l’estampe japonaise grâce à une vidéo qui en décompose toutes les étapes.

IMG_4445Taito (1810-1819)
Hokusai se consacre de plus en plus aux manuels dans le but de diffuser son art au plus large public et dans tout le pays. Il produit moins d’estampes, moins de livres illustrés ou de peintures, mais reste un artiste complet en créant sur tous les supports. On lui découvre une nouvelle minutie et une précision dans la réalisation de ses dessins, notamment dans les vues aériennes et les paysages.

IMG_4454Iitsu (1820-1834)
C’est de cette période que sont issues les œuvres les plus connues d’Hokusaï, celles qui nous sont parvenues et qui ont fait sa renommée mondiale. Des estampes du monde flottant, colorées d’une modernité incroyable, très graphique et subtile. Cette salle propose aussi quelques livres illustrés et surimono.

 

IMG_4485Gakyo Rojin Manji (1834-1849)
L’exposition se termine sur la dernière période de sa vie où Hokusaï se faire appeler « le Vieil Homme fou de peinture ». Son art a atteint depuis longtemps des sommets, mais, éternel insatisfait, l’artiste cherche à exceller d’avantage. Il abandonne progressivement les estampes pour se consacrer à la peinture d’animaux, de végétaux ou de sujets religieux. Le résultat : des œuvres contemplatives, empruntes de sérénité.

« Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante ans, j’ai publié une infinité de dessins; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes,etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingt ans j’aurai fait beaucoup de progrès; à quatre-vingt dix j’arriverai au fond des choses; à cent je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront aussi longtemps que moi de voir si je tiens ma parole. »

ATTENTION : L’exposition telle qu’elle est présentée du 1 octobre au 21 novembre est incomplète et son contenu changera du 30 novembre au 18 janvier. En raison de l’importance de la production de l’artiste et de la fragilité des dessins exposés, il y aura une transformation de l’exposition. Ce n’est donc pas une, mais 2 expositions qui seront présentées au Grand Palais. En effet, sur 320 oeuvres, 145 seront communes aux 2 expositions. Les autres seront remplacées par de nouvelles pièces. Pour les passionnés, il faudra donc venir deux fois à l’exposition pour pouvoir contempler l’intégralité de son contenu… ou acheter le catalogue d’exposition.

L’exposition Hokusaï est riche et dense. Je préconise 2 bonnes heures pour la voir dans son intégralité et prendre le temps de la savourer. Pour le néophyte, c’est une vraie découverte ; pour le connaisseur un ravissement.

 

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