Exposition Bill Viola au Grand Palais

Exposition Bill Viola au Grand Palais

Parcours vidéo dans le noir, peu de discours et beaucoup de ressenti ; l’exposition Bill Viola est un événement unique et une expérience exceptionnelle, à découvrir jusqu’au 21 juillet au Grand Palais.

L’art vidéo est quelque chose d’assez confidentiel, encore peu connu du grand public et bien que Bill Viola, soixante-trois ans aujourd’hui, ait une renommée mondiale dans le domaine, ses passages en France sont extrêmement rares. Sa dernière installation à Paris remonte à l’an 2000 : The Greeting, inspiré de la Visitation du peintre maniériste Pontormo (1494-15557), était exposé dans l’église Saint-Eustache avant d’être acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York.

Ce précurseur, cet inventeur, est un artiste incontestable, profondément marqué par une expérience de noyade lorsqu’il était enfant ; expérience qui imprègne son oeuvre encore maintenant. Cette exposition n’est pas qu’une rétrospective, mais une initiation. Bill Viola nous permet de vivre son art en présentant ses travaux les plus importants : vidéos comme The Reflecting Pool (1979), installations comme The Veiling (1995), tableaux vivants comme The Quintet of the Astonished (2000). Une brève présentation de l’artiste sert d’introduction accompagnée des intentions de l’exposition et d’interrogations suscitées par l’oeuvre de Bill Viola : « Qui suis-je ? Où suis-je ? Où vais-je ? » Trois questions métaphysiques sans réponse et une invitation à la réflexion, à la méditation.

[quote] « Il n y a pas de réponse à la vie ou à la mort. On doit en faire l’expérience, les approcher et les étudier, mais sans réponse à la fin. » Bill Viola[/quote]

Le public est rapidement plongé dans le noir. Il passe de salle en salle, découvrant les installations et vidéos. Dès la première salle, où se trouve face à The reflecting Pool, mais on est hanté par les sons et l’ambiance qui règne dans l’exposition. La première sensation est celle d’un certain malaise, quelque chose d’assez oppressant, notamment avec cette vidéo en boucle d’un homme qui retient son souffle avant de respirer de façon haletante pour le retrouver. Mais contrairement à une exposition traditionnelle où l’on passe de toile en toile assez rapidement, la démarche ici est bien différente. L’artiste nous invite à prendre notre temps, à s’arrêter, s’asseoir, parfois à même le sol. Vivre chacune des vidéos, les ressentir et les éprouver.

La sensation de malaise prend alors progressivement une autre forme : on est fasciné par les mains de Four Hands (2001), on contemple la vie de Catherine dans sa chambre : Catherine’s Room (2001). Puis vient progressivement un besoin d’introspection. Fasciné par Chott El-Djerid – A Portrait in Light and Heat (1979), on laisse notre esprit se perdre dans les mirages à la recherche de vie, de formes humaines, de quelque chose ou simplement du vide. On reste longtemps dans cette salle immense où se trouve l’installation Going Forth by Day (2002) attendant The deluge et cherchant dans chaque toile mouvante une histoire proche de la nôtre. Lorsqu’un événement s’y produit on se laisse happer, hypnotiser, tout en essayant de ne pas manquer une miette des autres cadres. On s’est laissé prendre au jeu, conquis par l’univers de Bill Viola.

La fin de l’exposition propose des œuvres monumentales, impressionnantes : Fire Woman et Tristan’s ascension (2005). On est captivé par la puissance et la poésie de ces deux vidéos qui nous touchent et nous écrasent, petits que nous sommes devant cette toile de cinq mètres de haut. On se confronte aux spectres des Three Women (2008) au bout du couloir, avant de sombrer avec Ascension (2000).

On ressort de l’exposition comme d’une nuit agitée par des rêves étranges ; on laisse nos yeux se réhabituer à la lumière et pourtant chaque vidéo résonne encore de manière étrange en nous. Entre sublime et perpléxité, nous avons perdu la notion du temps. La vie au ralenti ? Un voyage initiatique et personnel que je vous invite à entreprendre !

[vsw id= »Jg19GwNCJU0″ source= »youtube » width= »575″ height= »425″ autoplay= »no »]

[button link= »http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/bill-viola » variation= »sky »]Site du Grand Palais[/button]

1 Comment on this Post

  1. Ça donne encore plus envie . J ai déjà les billets merci pour ce papier

    Répondre

Laissez votre commentaire