Cinéma

14 août 2012

Critique « Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare « 

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Par : alex wongz
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La fin du monde est dans trois semaines, une comète au doux nom de Matilda va pulvériser la planète, l’humanité est condamnée… Dans ce cas, il ne serait pas étonnant de voir Bruce Willis ou Schwarzy rentrer dans le cadre, regarder droit dans les yeux la comète et balancer un testostéroné : « Come on bitch, i’m gonna kick your f… ass ! ». Eh bien, que nenni ! Le film de Lorene Scafaria ne peut pas être plus à l’opposé des crétins Armageddon ou autres 2012. La réalisatrice suit les trois dernières semaines de Dodge (Steve Carell), petit employé en assurances qui n’a jamais vraiment profité de la vie, pensant que le meilleur serait à venir. Il va se mettre en tête de retrouver son premier amour de jeunesse, accompagné d’une voisine excentrique, Penny (Keira Knightley), voulant quant à elle passer ses derniers instants avec sa famille en Angleterre.


Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare (traduction idiote du très bon titre original : Seeking a Friend for the End of the World : Recherche ami pour la fin du monde) s’inscrit dans les films d’apocalypse naturalistes comme Les derniers jours du monde des frères Larrieu ou, dans un genre plus philosophique, Melancholia de Lars Von Trier. Ces films sont exempts de spectaculaires ou d’images de catastrophes voyant se succéder les monuments touristiques du monde entier. Ils montrent au contraire que le moindre geste du quotidien devient absurde et n’a plus raison d’être. En cela, le film de Scafaria commence mieux qu’il ne finit. Que faire quand on sait qu’il reste 3 semaines à vivre ? C’est à la fois long et court, et cela entraine l’être humain à se complaire dans une anarchie totale. Tester toutes les drogues, faire l’amour à tout va, tuer en toute impunité, bref, transgresser la loi et la morale sans états d’âmes, tel est le sursaut de vie de l’humanité avant son extinction. Comme les frères Larrieu, ce scénario semblerait plus que probable et est autant amusant qu’angoissant de désespoir. Toujours est-il que le film se concentre ensuite sur le voyage de nos deux héros et se transforme petit à petit vers une comédie romantique plus classique entre deux protagonistes que tout oppose : le quarantenaire coincé et la jeune délurée qui vont finir par se rapprocher. Malgré tout, cette romance reste pudique et pose cette question : malgré l’inutilité apparente de commencer une histoire d’amour 3 semaines avant la fin du monde, il n’en reste pas moins que l’homme a peur de mourir seul. Comme le dit Dodge, il s’est marié pour ne pas finir tout seul et n’est-ce pas le cas universellement ? Effectivement, cela semble bien cynique, mais c’est justement ce qui fait le charme de cette fausse comédie romantique. Si Keira Knightley semble être prise de spasmes en permanence et irrite par conséquent, le film est illuminé du génie de Steve Carrell, un des rares comédiens pouvant jouer les loosers pathétiques sans complaisance, à l’instar de Benoit Poelvoorde (voir la version US de la série The Office où Steve Carell excelle en patron de p.m.e. magnifiquement insupportable).

Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare vous surprendra sûrement, et dans le marasme des navets de l’été, voici un film qui mérite le détour. Bon, de là à être le dernier film à voir avant la fin du monde…

Philistin Mignou

 



A propos de l'auteur

alex wongz
« Inventif » et « créatif » sont deux mots clés qui définissent bien ce jeune manager originaire de Rennes. Cet autodidacte de 32 ans est fort apprécié pour ses talents de rédacteur et critique BD. Avec son jeune frère, il crée les productions « Titobulle » en Décembre 2007 et les lance sur le web le 1er février 2008. Mars 2011, il rassemble aux côtés de son frère une équipe dans le but de lancer une série de reportages qui couvriraient des sujets consacrés à de multiples artistes œuvrant dans différents domaines mais se démarquant des autres par une identité visuelle particulière. Ouvert, patient, discret et sensible, c’est aussi un grand rêveur qui sait nous entraîner dans son sillage.




 
 

 
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